Guide de survie n.3: La théorie de l’évolution de Darwin appliquée a la Chine, ou comment tout individu occidental moyen est force d’évoluer afin de survivre en Chine;
La Chine est un milieu hostile. La Chine est une jungle immense, tentaculaire et multiforme.
Tout individu occidental lambda, lorsqu’il arrive dans ce gigantesque pays, est force de s’adapter aux dures conditions naturelles. Pour survivre, il doit changer son comportement et évoluer.
Il est important de faire une distinction entre les milieu urbain et le milieu rural en Chine: une grande ville commence a partir de 10 millions d’habitants, tout chiffre inférieur fera de l’agglomération en question une simple bourgade de province, ou pire, si elle fait 500 000 habitants ou moins, un petit village.
Dans la petite ville ou le village, les conditions de vie peuvent être rudes: l’épreuve des toilettes est un véritable choc culturel, visuel et olfactif assez rude pour certains, vous devrez vous habituer aux yeux curieux des gens, surpris de voir dans leur lointaine contrée un “laowai” (étranger),les taxis sont assez rudimentaires, tout comme la conduite des chauffeurs, les routes et “autoroutes’ sont dans un état lamentable, sur lesquelles on trouvera pèle- mêle et plus ou moins en bon état voitures, camions, motos, vélos, piétons, charrettes, vaches, cochons, poulets, etc. Tout cela dans le plus complet désordre bien sur, la règle étant qu’il n’y a absolument pas de règle, que c’est plutôt recommandé de doubler a droite car ça va plus vite, que l’on peut rouler sur le bas coté si ça nous chante, et que plus tu klaxonnes, plus tu es respecté.
Dans les grandes villes chinoises, les conditions de vie se rapprochent plus de celles que l’on peut trouver dans nos contrées: les toilettes sont généralement a l’occidentale (attention: généralement ne veut pas dire constamment, a Pékin par exemple, je vous conseille d’aller jeter un coup d’oeil près de la tour du Tambour. De plus, cela n’empêchera pas les toilettes d’être plus ou moins propres, plutôt moins que plus d’ailleurs, pour cela allez faire une petite visite au club Windows près de Jing An Si a Shanghai), vous retrouvez ces hauts buildings qui vous sont si familiers, les routes sont, poussière mise a part, biens entretenues, et le soir vous pourrez sortir dans des bars ou des boites et vous mêlez a la blanche populace.
Ainsi, dans ce milieu presque familier, le seul problème pour l’individu occidental restera les moeurs des Chinois. Car que fait l’individu occidental quand il arrive en Chine? Il transpose ses habitudes de vie dans son nouveau milieu, ce qui crée un décalage amusant, et même nuisible quelquefois pour l’individu.
Observons son comportement: il dit bonjour, au revoir et merci dans les magasins, attend sagement pour traverser dans la rue, s’écarte pour laisser passer les gens, ne force pas son passage, se lave tous les jours, ne rote pas en public, pousse la galanterie jusqu’a faire passer les femmes en premier dans l’ascenseur, demande des serviettes dans les restaurants, n’ose pas dire a la serveuse que le plat commande n’est pas celui qui est sur la table, rougit quand on lui demande combien il gagne par mois ou combien il paie son loyer, au bout de seulement 20 secondes de conversation.
Or, que dit Darwin dans son “Sur l’origine des espèces”? Selon Darwin, "les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements."
Ainsi, après plusieurs mois, voire plusieurs années d’immersion dans un milieu tel que la Chine, tout occidental aura développe son propre mécanisme d’adaptation. Au bout de quelques temps, et des qu’il aura acquis les rudiments du Mandarin nécessaires a sa survie, il sera alors capable de négocier au marche sans payer trois fois le prix qu’un Chinois aurait paye pour la même marchandise, il saura traverser, lorsque le feu sera vert tout en slalomant entre les voitures et même les arrêter d’un coup de main rageur sur le capot, il saura comment ne pas entendre lorsque quelqu’un rote ou crache a cote, il n’aura plus envie de prendre un coupe ongles des qu’il verra les mains des Chinois, il aura compris que toute relation en Chine est d’abord une relation d’intérêt, et qu’il est donc inutile de faire ami-ami avec la vendeuse, ce qu’elle veut d’abord c’est vous vendre ce fichu sac. Le nouvel individu occidental aura aussi appris que la patience en Chine souvent ne paie pas, et qu’il suffit simplement d’hausser la voie pour que votre plat commande il y a une demi heure arrive par magie, l’occidental aura appris a se curer les dents après chaque repas, a ne pas sentir la mauvaise haleine d’une grande partie des Chinois, a crier au lieu de parler au téléphone, a croire que la démocratie n’est peut être pas une si bonne chose après tout, et que Taiwan fait partie intégrante de la mère patrie, nom de Dieu.
Je me suis moi-même transformée en “homo economicus sinicus”: “oeconomicus” désigne l’individu dont le comportement est principalement motive par l’intérêt et le profit personnel (car nous savons tous que la Chine est le grand pays capitaliste du monde…), et “sinicus” désignant a la fois la culture chinoise, et ce mode de pensée que l’on acquiert après un certain temps en Chine, qui fait que désormais plus rien ne nous étonne vraiment… Signe distinctif: le sourcil haussé et l’air désabusé, le nouvel individu occidental soupirera souvent et dira: “C’est pas grave, c’est la Chine…”
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